Fasciolase (douve du foie) : contamination, symptômes et traitement

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On la connaît plus communément sous le nom de douve du foie, mais la fasciolase est aussi appelée distomatose hépatique ou encore fasciolose. La fasciolase est une helminthose hépatobiliaire, c’est-à-dire une maladie parasitaire causée par les trématodes hématophages du genre fasciola qui sont des parasites intestinaux. En règle générale, la maladie touche principalement les ovins et les bovins, mais parfois l’homme peut être affecté, de manière accidentelle. Focus sur la fasciolase :contamination, symptômes et traitement. 

Comment la douve du foie peut-elle nous contaminer ?

La douve du foie est un parasite qui fait des ravages chez les animaux, notamment sur les animaux d’élevage (surtout le mouton) qui, s’ils sont contaminés, doivent être abattus.

La fasciolase est très répandue dans les régions humides d’Europe, car pour survivre, ces vers intestinaux ont besoin d’hôtes intermédiaires très spécifiques :

  1. En effet, la femelle pond ses œufs qui se retrouvent dans les selles de l’hôte infecté.
  2. Ensuite, il faut que l’œuf se retrouve dans l’eau douce pour éclore et passer à la phase miracidium qui est une première phase larvaire.
  3. Le miracidium doit encore trouver son hôte intermédiaire qui est un petit escargot d’eau douce : la limnée tronquée pour finir sa deuxième phase larvaire.
  4. Puis la larve quitte son hôte pour rejoindre les plantes aquatiques.
  5. Où la larve n’a plus qu’à attendre d’être ingérée…

Vous l’aurez compris, il y a très peu de probabilité pour que toutes ses conditions soient remplies, même si la femelle est très féconde avec plusieurs centaines de milliers d’œufs pondus par mois.

Pourtant, les larves arrivent à se retrouver dans l’organisme de l’homme, suite à l’ingestion de cresson, de pissenlit ou de la mâche infectés.

La douve vient ensuite se nicher dans les voies biliaires où elle se nourrit du sang des capillaires de la paroi des canaux biliaires. Une douve adulte peut ingérer jusqu’à 0,2 ml de sang par jour et provoquer de graves symptômes.

Quels sont les symptômes de la fasciolase ?

Pendant les deux premières semaines, c’est la phase d’incubation. Elle est souvent asymptomatique, avec parfois une petite fièvre.

Ensuite vient la phase invasive qui correspond à la migration des larves à travers le tissu hépatique, elle dure environ 3 mois. Là, les symptômes sont nombreux : de la fièvre, un gros foie sensible, des douleurs abdominales, des signes allergiques, un ictère, des vomissements, des diarrhées ou encore un amaigrissement.

Puis pour finir la phase chronique qui peut aboutir à de graves complications hépatiques comme des hémorragies, une cirrhose biliaire ou des hématomes sous-capsulaires. Sachez que la douve du foie non diagnostiquée peut survivre jusqu’à 10 ans dans les voies biliaires.

Comment diagnostiquer une fasciolase ?

Le diagnostic est différent selon la phase invasive. Dans sa première phase, seules une prise de sang et des recherches sérologiques peuvent révéler l’infection. Une numération formule sanguine et une vitesse de sédimentation seront effectuées en laboratoire, avec parfois un bilan hépatique. Ensuite, c’est la découverte d’œufs dans les selles qui peut amener à effectuer un examen parasitologique. Parfois, le médecin traitant prescrit une échographie ou un scanner pour arriver à diagnostiquer la maladie parasitaire.

Comment traiter la distomatose hépatique ?

Pour être efficace, le traitement doit être précoce, c’est-à-dire dans sa phase d’invasion, car il consiste à traiter le parasite avant qu’il n’entraîne trop de complications. Pour venir à bout de la fasciolase, deux antiparasitaires sont efficaces : le triclabendazole et le praziquantel.

Généralement, les signes cliniques disparaissent après les 3 à 6 mois qui suivent le traitement.

Le meilleur traitement, étant la prévention, il est fortement déconseillé de consommer les végétaux porteurs de la larve et de boire l’eau des mares ou des étangs.

Source : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2018-07/argumentaire_distomatose.pdf