Quelle est la différence entre une maladie et un syndrome ?

Santé Quelle est la différence entre une maladie et un syndrome ?

Maladie, symptômes, syndrome… Autant de vocabulaire que l’on utilise sans forcément savoir de quoi il s’agit. Or, il est important de savoir faire la distinction, même si parfois la frontière est très mince, notamment entre syndrome et maladie, qui sont souvent confondus.

Est-ce que les deux termes sont synonymes et veulent dire la même chose, ou bien désignent-ils deux réalités cliniques opposées ?

Nous allons tenter de répondre à cette question.

Différence entre une maladie et un syndrome

On entend indifféremment parler de plusieurs pathologies sous le nom de syndrome. Par exemple, le syndrome de Diogène, qui est un trouble du comportement qui pousse à l’accumulation et à vivre dans des conditions insalubres.

Ou encore le syndrome de Down, plus connu sous le nom de « trisomie 21 ».

Parfois, on peut même voir syndrome de parkinson et maladie de parkinson, semant ainsi la confusion dans les esprits.

Il est vrai que la maladie et le syndrome sont très proches. Mais ce n’est pas toujours exactement la même chose.

Nous verrons d’ailleurs que l’un peut entraîner l’autre.

Syndrome et maladie, définitions

Pour partir sur de bonnes bases, il est nécessaire de connaître la signification première de ces deux termes, afin de mieux comprendre ce qui se cache derrière.

La maladie est une altération ou un trouble d’un organisme vivant. Elle est forcément pathologique.

Le syndrome, lui, est un ensemble de symptômes ou de signes cliniques. Le patient peut présenter ces symptômes lorsqu’il a une maladie, ou bien lorsqu’il présente des écarts par rapport à la norme. Par exemple, lors d’un bilan sanguin, il peut montrer des taux en dessous ou au-dessus de la moyenne. Néanmoins, cela ne signifie pas pour autant qu’il est malade.

Le symptôme : il est indispensable de définir les symptômes pour bien appréhender la différence entre syndrome et maladie. Un symptôme est un phénomène observable ou perceptible. Il traduit un dysfonctionnement ou une maladie. Il peut, de ce fait, engendrer également un syndrome.

Pour résumer, une maladie est un état pathologique, qui peut avoir plusieurs symptômes.

Un syndrome est un ensemble de symptômes et peut-être pathogène ou non, contrairement à la maladie qui l’est obligatoirement. Et c’est là toute la différence entre les deux termes.

Néanmoins, beaucoup de maladies portent le nom de syndrome, comme on peut le voir plus bas.

Le syndrome peut-être aussi le signe d’une maladie. D’autres fois, il peut être la conséquence.

Quels sont les syndromes les plus fréquents ?

Il existe, dans le domaine médical, plusieurs familles de syndromes. En effet, tous les domaines peuvent être touchés. La liste qui suit permet d’y voir plus clair entre les deux.

Les syndromes chromosomiques

Ils sont dus à une anomalie des chromosomes sexuels ou non sexuels. Parmi eux, outre le syndrome de Down, on peut également évoquer le syndrome d’Angelman causant un trouble du développement neurologique, et le syndrome de Bloom qui retarde la croissance et augmente les infections et les cancers.

Les syndromes chromosomiques peuvent atteindre un grand nombre de paires de chromosomes.

Les syndromes neurologiques

Ces derniers concernent bien entendu le système nerveux et peuvent toucher beaucoup de parties du corps.

Par exemple, le syndrome de Guillain-Barré (SGB) cause l’inflammation du système nerveux. C’est une maladie auto-immune.

Le syndrome méningé, lui, amène une raideur de la nuque, des maux de tête, des vomissements. Il apparaît notamment lors d’une méningite, ou bien lors d’une hémorragie méningée.

Les syndromes pneumologiques

Comme le nom l’indique, les syndromes pneumologiques désignent des troubles des poumons et bronches.

Le plus connu est sans doute le syndrome de détresse respiratoire aiguë. La grippe en est une cause, mais aussi le Covid-19 récemment découvert.

Le syndrome d’apnées du sommeil est souvent sans gravité et touche beaucoup de monde. Mais il affecte la qualité de vie. Souvent, il est dû à des ronflements, l’obésité, ou bien ou à un relâchement des muscles de la langue et de la gorge.

Le syndrome néphrotique

Il concerne les reins. C’est en réalité une maladie. Les reins ne savent plus filtrer correctement le sang et laissent passer beaucoup de protéines.

Les syndromes psychiatriques

La plupart des syndromes psychiatriques sont très célèbres, notamment grâce aux séries et films.

On peut citer le syndrome d’Asperger, qui est une forme d’autisme.

Le syndrome de Stockholm, lui, confère une empathie vis-à-vis de leur agresseur aux personnes victimes d’enlèvement sur une longue période. L’exemple le plus fréquent est la prise d’otage.

Enfin, le syndrome de Peter Pan est une angoisse, celle de quitter l’enfance pour passer à l’âge adulte.

 Certains syndromes n’ont pas de classification. C’est le cas du syndrome de Cotard (l’impression d’être mort), ou encore le syndrome du loup-garou (forte pilosité très envahissante).

Peut-on traiter un syndrome ?

Un syndrome est un trouble, un dysfonctionnement. Comme nous l’avons vu, il peut être la cause ou la conséquence d’une maladie, ou être indépendant d’elle.

En ce sens, s’il y a un dysfonctionnement, il peut y avoir traitement.

Certains syndromes peuvent également disparaître d’eux-mêmes, ou récidiver. C’est le cas pour quelques troubles psychiatriques.

Ainsi, certains syndromes pourront se traiter, d’autres nécessiteront des soins à vie, ou n’auront pas de traitement du tout. Le syndrome des jambes sans repos par exemple n’a pas toujours de causes bien définies, et il n’y a pas vraiment de médicaments pour soulager les patients.

En revanche, si le syndrome est dû à une maladie, un traumatisme, il est possible de s’en débarrasser en traitant l’infection.

Note : parfois, le syndrome ne cause aucun désagrément. C’est juste une anomalie physiologique, qui peut être permanent, passagère, ou encore génétique.

Cas particuliers

Il arrive que pour une même pathologie, on puisse trouver la maladie et le syndrome.

C’est le cas pour la maladie/syndrome de Raynaud.

C’est un trouble de la circulation sanguine, qui rend les extrémités (pieds, mains) très froides. Elles deviennent engourdies et blanches. Parfois, elles sont insensibles.

Il existe deux formes : la maladie de Raynaud est la forme primaire. Elle concerne la majorité des personnes confrontées à ce trouble.

Le syndrome de Raynaud, lui, est la forme secondaire. Il est plus grave (et plus rare) car il est dû à une maladie des vaisseaux sanguins.