Comment s’appelle la maladie des gens qui gardent tout ?

Santé Comment s'appelle la maladie des gens qui gardent tout ?

Vous avez peut-être vu à la télé dans l’émission “C’est du Propre” des maisons et des appartements remplis de vêtements, objets et immondices. Des montagnes empilées de “trucs” et autres “bidules” parfois neufs et jamais sortis de leurs emballages.

Beaucoup moins “divertissant”, vous connaissez quelqu’un qui a découvert au décès d’un proche, ou bien l’avez-vous vous-même expérimenté, que le lieu de résidence du défunt était devenu une sorte de caverne d’Alibaba de l’horreur.

Ceci est une maladie, qui peut prêter à sourire devant la caméra, mais qui est un cauchemar pour ses victimes et leur entourage. On appelle ça “le syndrome de Diogène”.

Le syndrome de Diogène en quelques mots

Le syndrome de Diogène est tantôt classé en trouble comportemental, tantôt classé en maladie selon les avis médicaux. Beaucoup de flou entoure cette pathologie aux lourdes conséquences, à commencer par le portrait type des personnes atteintes et susceptibles de le développer.

Retenez que le syndrome de Diogène est une syllogomanie poussée à l’extrême (tendance à accumuler/collectionner les objets), couplée bien souvent à un isolement social et une hygiène corporelle extrême (ou excessivement négligée, ou au contraire terriblement soignée).

Le syndrome de Diogène est un mal difficile à détecter, car il touche bien souvent des personnes âgées en situation de repli, et, malheureusement, les proches ne se rendent compte de l’ampleur du problème qu’une fois la personne décédée et le lieu de vie à vider.

Pourquoi cette maladie s’appelle ainsi ?

Bien que connue depuis plus longtemps, c’est en 1975 que le nom est adopté de façon générale. La gériatre américaine Allison N. Clark utilise ce terme pour désigner les personnes ayant un trouble du comportement conduisant à des conditions de vie négligées, voire extrêmes.

Diogène de Sinope était un philosophe grec du IVe siècle avant notre ère, figure du cynisme en philosophie. De façon générale, il est connu pour avoir mené une vie hors normes, en particulier son choix de lieu d’habitation : une jarre renversée.

Mais alors, pourquoi associer le nom d’un philosophe excentrique poussé au minimalisme étrange à un trouble d’accumulation compulsive ?

Le syndrome de Diogène et ses caractéristiques étranges

Si on appelle ça à la fois “la maladie des gens qui gardent tout” et paradoxalement “le syndrome de Diogène”, c’est parce qu’en réalité, cette pathologie peut se développer de deux façons différentes. De la même manière qu’une personne atteinte de ce trouble peut tout à fait négliger ou au contraire prendre grand soin de sa personne, les gens atteints du syndrome de Diogène peuvent soit garder à outrance les objets, meubles et déchets… ou au contraire vivre dans un confort minimaliste plus que spartiate.

Il existe des cas de personnes ne vivant qu’avec un lit, une table et une chaise, n’achetant rien, ne gardant rien et les proches s’en trouvent tout autant démunis, car la personne peut se mettre en danger en refusant d’acquérir des objets (ou des denrées !) essentiels à sa survie.

Dans les deux cas, il s’agit de personnes vivant “en marge” de la société.

Quand s’inquiéter ?

Il y a un fossé entre un collectionneur compulsif et une personne aux prises avec ce syndrome.
Les gens aux multiples collections ne manquent pas et certaines personnes atteintes du syndrome d’Asperger ont des tendances à la collection stricte d’objets plus ou moins insolites.

Pour autant, la personne sera loin du syndrome de Diogène, qui lui va la couper progressivement de ses proches.

C’est d’ailleurs l’un des premiers signaux d’alarme : la personne refuse catégoriquement que vous entriez chez elle. Son espace étant impraticable, elle peut développer des trésors d’inventivité pour que vous ne voyiez (et ne sachiez) jamais ce qu’il se passe. Parfois, elle peut aussi abandonner son lieu d’habitat pour un autre, même si les loyers et factures continuent d’être payés.

Le syndrome de Diogène rappelle souvent aux proches des personnes qui en sont victimes combien il est important de maintenir un lien social et familial avec les gens… pour pouvoir les aider avant que ça ne devienne trop grave.