Vapotage et santé pulmonaire : ce que nous savons jusqu’à présent

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Considérée comme moins nocive par rapport à la cigarette, la vapoteuse est utilisée par de nombreuses personnes souhaitant arrêter de fumer. Elle permet en effet de réduire progressivement la consommation de nicotine jusqu’au sevrage. Ainsi, le fumeur évitera les désagréments liés à l’arrêt brutal de la prise de cette substance. Le vapotage n’est pas pour autant exempt de risques pour la santé. Explication. 

Comprendre le vapotage : composants et fonctionnement

Apparue en Chine en 2006, la vapoteuse reproduit souvent la forme d’une cigarette classique. L’idée était d’offrir une alternative moins nocive pour les fumeurs et moins gênante pour leur entourage. Par conséquent, les premiers utilisateurs n’étaient pas particulièrement préoccupés par les effets de l’e-liquide et du vapotage sur la santé. Cette pratique est par ailleurs censée être provisoire jusqu’à l’arrêt définitif du tabac. 

Composition d’un e-liquide typique : substances et additifs

L’e-liquide typique est composé de glycérol ou de propylène glycol, de différents arômes et éventuellement d’additifs actifs (nicotine, CBD, HHC, etc.). Pour la nicotine en particulier, les fabricants proposent généralement un dosage de :

●       3 à 6 mg/mL (milligrammes par millilitre) ;

●       7 à 12 mg/mL ;

●       13 à 17 mg/mL ;

●       18 à 20 mg/mL. 

Au-delà de 20 milligrammes, les e-liquides sont interdits dans l’UE conformément à la Directive européenne d’avril 2014 portant sur les produits du tabac. Il est toutefois facile de trouver des substances et des additifs illicites sur internet. 

Processus de vaporisation et inhalation : de l’appareil aux poumons

Le processus de vaporisation repose essentiellement sur le chauffage de l’e-liquide à basse température (60 °C environ). Concrètement, la vapoteuse expose le liquide à un système de chauffe fonctionnant grâce à une résistance, une batterie et divers composants électroniques. La vapeur produite sera ensuite acheminée vers l’embout buccal de l’appareil en vue d’une consommation par inhalation.

Effets documentés du vapotage sur la santé pulmonaire

Les États-Unis font partie des premiers pays à avoir documenté l’impact du vapotage sur la santé pulmonaire. En 2019, des cas de pneumonie lipidique ont en effet alerté le CDC (Center for Disease Control) et la FDA (Food and Drug Administration). Ces pathologies ont finalement été causées par l’usage de liquide huileux contenant du cannabis. Depuis, les scientifiques surveillent aussi les e-liquides à la nicotine. 

Synthèse des études actuelles sur le vapotage et les maladies pulmonaires

Aux États-Unis, l’épidémie de 2019 a permis de constater divers problèmes dus au vapotage comme la toux, les douleurs thoraciques, les difficultés respiratoires… L’incident est toutefois peu concluant en raison de l’implication de produits illicites. D’autres études sont donc requises pour isoler les maladies pulmonaires touchant principalement les vapoteurs. 

De leur côté, les Européens attendent notamment les résultats de l’étude ESTxENDS (Efficacy, Safety and Toxicology of Electronic Nicotine Delivery Systems). Ce projet vise avant tout à tester la toxicité et l’efficacité de la vapoteuse pour arrêter le tabac. Cela dit, la démarche permettra à terme de déterminer les dangers du vapotage. 

Comparaison avec les complications pulmonaires liées au tabagisme traditionnel

Le tabagisme traditionnel fait chaque année plus de 5 millions de victimes à l’échelle mondiale. Ces décès sont surtout provoqués par les complications pulmonaires dues à la toxicité de la fumée de cigarette. Ils s’expliquent aussi par les effets à long terme de la consommation de nicotine (trouble du sommeil, hypertension, AVC…). 

À l’inverse, les vapoteurs n’inhalent pas de goudrons, d’hydrocarbures, d’aldéhydes, de nitrosamines… Ils absorbent toutefois des produits chimiques inconnus à travers les arômes des e-liquides. Les complications pulmonaires restent néanmoins peu courantes, en dehors des intoxications à des substances non contrôlées. 

Perspectives : Précautions, réglementations et conseils pour les consommateurs

Pour l’heure, les maladies des vapoteurs connues proviennent de l’usage de liquides et d’équipements non réglementaires. Les scientifiques ont donc besoin d’études et de données supplémentaires pour évaluer la dangerosité des e-cigarettes. En toute logique, les parlementaires ne disposent pas d’éléments suffisants pour réglementer le vapotage. Cela dit, les pouvoirs publics travaillent actuellement sur la question. 

Réglementations actuelles sur les produits de vapotage et leur impact

Dans l’ensemble, les réglementations actuelles sur les produits de vapotage sont des variantes des textes applicables à la cigarette. Elles concernent ainsi l’interdiction de publicité, de packaging attractif, de vente aux mineurs, d’utilisation dans des endroits clos… De plus, les produits de vapotage ne doivent pas être présentés comme des médicaments. Ils sont aussi soumis au plafond de 20 mg/mL de nicotine de l’UE. 

Conseils pour vapoter de manière plus sûre en attente de recherches supplémentaires

En attendant d’autres recherches sur le sujet, la communauté médicale recommande de rester prudent vis-à-vis de la cigarette électronique. Certains comportements sont par ailleurs reconnus comme dangereux. Par exemple, il est fortement déconseillé :

●       D’utiliser des produits qui n’ont pas été conçus pour la cigarette électronique ;

●       De vapoter des liquides contenant du cannabis ou des stupéfiants assimilés ;

●       D’injecter de l’huile ou autres additifs artisanaux dans la vapoteuse ;

●       D’acheter des e-liquides non contrôlés, en ligne ou dans la rue ;

●       De préparer ses propres liquides pour e-cigarette ;

●       De modifier le montage et le fonctionnement de la vapoteuse.

En somme, il est important de suivre les recommandations des fabricants et d’éviter toute expérimentation sur l’e-liquide ou l’équipement.